Réflexions d’un randonneur en vue du refuge

5 mai 2017 - 09:58

« Voilà une heure que je marche. Encore vingt minutes et je suis arrivé. Ce qu’il fait chaud, et ce sac est lourd… Et les nuages ! Tu vas voir la rincée que tu vas ramasser.

Ça ne fait rien, j’aimerais quand même dormir ce soir. Seulement, quand on voit le paquet de voitures qu’il y avait au parking… Sûr, il y a du peuple la haut.

L’an passé c’était plus calme ! Tu oublies que l’an passé, il a plu tout l’été. Bon, en comptant trois occupants par voiture, ils sont au moins soixante au refuge. Avec ses quarante places, tu m’as compris… »

… En voilà un qui redescend… Bonjour ! Ça ne fait plus que cinquante-neuf. Si j’enlève ceux qui sont montés pour la journée et qui s’en retourneront avant le soir… disons une dizaine… il en reste quarante-neuf. Faudrait-pas oublier ceux qui sont montés par l’autre versant. Comptons cinq, le chemin est long. Cinquante-quatre.

Encore deux qui redescendent ; plus que cinquante-deux. Heureusement que le gardien est un copain. Il me réservera peut-être une place. Je me rappelle au refuge des Ecrins. Deux cents, qu’on était.

Le gardien à fait évacuer le réfectoire sur les coups de neuf heures. Et que je t’emmène les tables à la cave. Et que je monte les matelas. On s’installe sur le parquet. A quatre heures du matin, rebelote en sens inverse ! On descend les matelas, on remonte les tables.

Petit déjeuner à la frontale. Pousses-toi t’es assis sur mes crampons… En considérant le bulletin météo plutôt triste, j’en enlève cinq. Et j’en rajoute deux : les retardataires de service qui vont débarquer sur les dix heures. On les voit partout ceux-là, avec une soupe minute à faire cuire quand tout le monde dort. 52 – 5 + 2 = 49. Encore un de trop.

Un autre qui s’en retourne. Faut que je demande :

-          Eh, il y a du monde là-haut,

-          Au col ?

-          Non au refuge ?

-          Le refuge il est fermé cette année, pour cause de travaux !

 

Commentaires